Présence arménienne et grecque à Nice

 

Edito : Schéma d’une immigration réussie

Les rencontres avec quelques Arméniens de Nice bien connus et les paroles échangées conduisent à quelques réflexions sur le phénomène d’immigration, c’est-à-dire le déplacement d’une partie de population d’un pays vers un autre.

Je parlerai donc ici des Arméniens, avec l’idée que ce qui se dit pour eux peut être vrai pour d’autres.

A l’origine il y a le malheur. Ce peut être la misère, comme ce fut le cas pour mes ancêtres Calabrais. Ce peut être les persécutions, comme les ont subies des Italiens du temps de Mussolini. La persécution peut conduire au massacre comme cela est arrivé aux Arméniens.

Passons sur les conditions du "voyage" qui ne sont généralement pas celles d’une croisière de luxe et qui ne sont pas exemptes de souffrances et de dangers…

Et venons en tout de suite à l’arrivée en pays étranger, arrivée qui n’est jamais appréciée par les autochtones. Il n’est pas possible de trouver d’exception à la règle. Il suffit de penser à l’accueil des Espagnols chassés par le régime de Franco, Espagnols qui étaient pourtant républicains comme nous. Il suffit de se remémorer nos réactions à l’arrivée des Français d’Algérie qui cependant étaient blancs, en majeure partie chrétiens et, bien entendu… français ! Alors naissent les surnoms collectifs, la méfiance, l’hostilité issus de la pensée : "Ils viennent nous prendre le travail et le pain."

L’effet de cette hostilité retentit dans l’esprit des immigrés, d’autant plus que l’arrachement au pays a été plus douloureux, d’autant plus que le repérage des étrangers est rendu plus aisé par les autochtones en raison d’une différence de couleur de peau ou de langue ou des coutumes des immigrés.

Comment ces rapports vont-ils évoluer ? La réponse n’apparaîtra pas tout de suite, dès la première génération. Les premiers arrivés vont trouver, quand ils les trouvent, des emplois très subalternes. Tout va se jouer au moment de l’arrivée sur le marché du travail de la deuxième génération. Alors, une seule condition prévaut. Que le pays d’accueil se trouve dans une situation économique favorable, capable d’offrir du travail, l’école contribuant à la réduction de différences comme la langue, et la fusion progresse. Il en a été ainsi des Italiens, des Polonais, des Arméniens, d’autres encore, de tous ces gens qui se sont fondus dans la masse des Français, non pas parce qu’ils étaient blancs et chrétiens, mais parce qu’ils avaient trouvé du travail.

Cette réussite encore plus accusée avec la troisième génération permet, sans soulever l’hostilité des autochtones, de conserver usages, culture, langue même.

C’est le cas des Arméniens que j’ai rencontrés qui se sentent Français, Arméniens et Niçois.

L'éditorial de Raoul NATHIEZ en nissart 

Sommaire

4. Les Arméniens de Nice, Isabelle ROCCA

5. Origines d’une communauté et d’un génocide, I.R.

7. La Madeleine, terre de refuge, I.R.

8. D’Eski Chéhir à Nice, Roger ROCCA

9. La reconnaissance du Génocide arménien…, I. R.

10. L’aventure de Levon Markarian, Roger ROCCA

12. Trois générations d’Arméniens, enquête de Raoul NATHIEZ

14. L’école Barsamian, Jean-Michel BESSI

15. Le papier d’Arménie, Dominique VEUX-ROCCA

16. L’Union Sportive Arménienne, enquête de Raoul NATHIEZ

18. Saveurs arméno-niçoises, Isabelle ROCCA

19. La chorale Sayat Nova, Albert TOSAN

20. L’Arménie de foi chrétienne, Raoul NATHIEZ

21. Le bonheur de créer d’Albert Mkhitarian, Hélène GALLI

22. Le parcours "typique" de Raphy, Raoul NATHIEZ

24. Arméniens dans la guerre et dans la Résistance, Raoul NATHIEZ

26. Les Grecs de Nice, une petite communauté dynamique, Efcharis MANTITAKIS

27. A propos de mots…, Gérard CHANUT

28. Kérylos, la villa grecque de Théodore Reinach, textes de Gabriel OLLIVIER, dessin de Jean-François LAUGERI

29. Venizelos Eleuthérios

30. Du grec dans ler nissart ?, Gérard CHANUT

32. L’église Saint Spyridon, Efcharis MANTITAKIS

32. Délices de la cuisine grecque, Robert BISTOLFI

34. Les premiers pas de la Ciamada (2), Jean-Michel BESSI

36. Li partida de pesca d’aquelu Choua la Buga, Jouan PIZZO

37. Cansoun maienca, Jousé GIORDAN, communiqué par C. MALAUSSENA

38. Cansoun dóu teatre nissart de Nathiez , Albert TOSAN

40. Le magazine du Sourgentin

40. Lu belicre

42. Lou Sourgentin et vous : Tra nautre ; la Fête du Sourgentin

44. Echos et Courrier, sélectionné par Raoul NATHIEZ

45. Pajo de Prouvenço, par Monique BALDELLI : "Pichoti Princesso"

46. Caminada, de Gé ALBARELLI : "Li terra rougi de Barver"

47. "Les pâtes" d’Alex Benvenuto, de Raoul NATHIEZ

47. Lu secret de Pairoulina : "……"

48. Pais gavouot, de Toni BALONI : "De bastarts ! Que soun devengus ?"

49. Escac e… mat, de Jacques NEGRO

50. Théâtre nissart, par Raoul NATHIEZ : "Le nouveau départ du Rodou nissart" ; "La Chourma"

51. Aigre-dous, de Raoul NATHIEZ

53. Lenga nissarda, de Miquéu PALLANCA : "Tanta Zoun, Barba Pin e lou béu couòr d’aglan"

54. Villages d’ici : "Levens d’un temp e de deman", par Isabelle EVIN-JAMPIERRE

56. Expositions par Hélène GALLI : "Patricia Mulko" l 56. Schéma d’une immigration réussie, l’éditorial de Raoul NATHIEZ

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