![]() |
Per un Nissart
den Vila Vielha, questaìa sempre dapé de Paioun, outrepassà
la couòla dei Baumeta e Magnan, per sestirassà fin à
Caucada o Sant-Augustin, semblava esquasi laventura ! Bessai, era la memòria
dun espaci dangerous, couma una "terra de degun", per revirà
en lenga nouostra un "no mans land", que menava au confin seculari
dóu Var, de doun vengueron tanti fès guerra e malan. Lou flume
éu-meme, sensa pouont fin au segle des-e-vuech, baroulava tra iscla e
palus quagradavon soubretout ai cassaire e
ai granouia.
Dun
autre coustà, au miejou, à Santa-Elena o à Carras, era
la mar, bela, generouha, ma gaire rasseguranta per touplen de Nissart, atacat
ai siéu oulivié ; e daquì, poudìa bessai surgì
quauqu coursari barbaresc ! Pura, la vista era embarluganta, atrativa per touplen
de pintre, soubretout au levant, devers Nissa encourounada per lou siéu
Castéu e la conca dei mount. Laristoucracìa nissarda couma
fourestiera, que senganava gaire, avìa bastit de palai, au mitan
de vasti campagna, ma, es ver que restavon, emé cautela, damoun en li
couòla
Aquesta riba
de mar sacabant à la fous dòu Var, pourgìa un espaci
vueì, dubert à una "Counquista dòu Pounent "
tant ben moustrada en la bela espousicioun dei Archiva Coumunali
Nissa
a pouscut trouvà aquì la plaça quavìa da besoun
per li coursa de cavau, lu estudio de cinemà e lou terren daviacioun
devengut areoupouort internaciounal, sensa denembrà lou pole terciari
de lArenas.
Aloura, noun
serìa dasart se lou noum de Californìa pareisse jà
circa lou 1850, e tendrìa de faire sesvanì, souta la siéu
simbòlica prestigiouha lou vieilh noum de Carras
sensa lafet
apassiounat e la lucha dei gent daquéu vilage ? Aspre destin, de
fach, per una bourgada de pescadou, à la sousta de lantica paròquia
de Santa-Elena, que de finì negada en lou betun, meme glourious e ric,
de la Proumenada dei Inglès que laluegna de la mar, mentre que
lou camin de ferre e la vìa que si di plus gaire " rapida ",
li levon encara de quietessa !
Cadun a jà acapit que li "reserva foundieri" fan si jugà
aquì lavenì de Nissa : au Pounent, alentour de lareoupouort
e dei tourre de buréu de lArenas. Sian jà rassegurat de
veire que lou quartié a sauput aculhì de luec densegnamen,
ma tamben de cultura, embé de museou o lou " Parc Fenis ".
Pura, si pòu ancuei augurà que daquest ambient califournenc
noun si pilherà soulet lou pèjou de la vida americana, emuna
vila impersounala estoufada dautoumoubila, ma que lou quartié sauprà
estaire nissart e garderà quauqu jardin, de pichini maioun, un pouort,
en un mot
la siéu ànima !
Couma laurìa
pouscut dire lou paure Eynaudi : "Laissas-mi lou pantai !"
da Jouan-Miquéu Bessi
De Carras en Californie ou la conquête de lOuest
Pour un Niçois
de la Vieille Ville, ayant toujours vécu près des rives du Paillon,
dépasser les Baumettes et Magnan, pour aller jusquà Caucade
ou Saint-Augustin, relevait presque de laventure ! Peut-être était-ce
le souvenir dun espace dangereux, comme un " no mans land "
menant à la frontière historique du Var doù vinrent
si souvent les guerres et autres malheurs. Et ce fleuve lui-même, franchi
par un pont depuis le 18e siècle seulement, divaguait à travers
des marécages nattirant guère que chasseurs et
grenouilles.
De lautre
côté, vers le sud, face à Sainte-Hélène ou
Carras, sétendait la mer, belle et généreuse, mais
assez inquiétante pour beaucoup de Niçois surtout attachés
à leurs oliviers ; de là pouvait peut-être surgir quelque
corsaire barbaresque ! Pourtant la vue était éblouissante et appréciée
de nombreux peintres, surtout vers lest, avec Nice couronnée de
son Château et de son cirque de montagnes. Laristocratie, niçoise
comme étrangère, qui se trompait rarement, y avait dressé
ses "palais" au cur de vastes domaines, mais restant prudemment
en hauteur sur les collines
Ce littoral,
sachevant sur le delta marécageux du Var, offrait donc un espace
libre pour cette "Conquête de lOuest" si bien présentée
par la belle exposition de Archives Municipales. Nice put trouver là
les terrains nécessaires pour un hippodrome, des studios de cinéma,
un champ daviation devenu notre aéroport international, sans oublier
le récent pôle tertiaire de lArénas.
Ne serait-ce
alors pas par hasard si le nom de Californie apparaît dès les années
1850, et tendrait à faire aujourdhui disparaître sous sa
prestigieuse symbolique le vieux nom de Carras, sans lattachement passionné
et le combat des habitants de ce village ? Rude destin, en effet, pour cette
bourgade de pêcheurs, sous la protection de sa vieille paroisse de Sainte-Hélène,
que de finir noyée dans le béton, même prestigieux et riche
comme celui de la Promenade des Anglais, qui léloigne de la mer,
tandis que la voie ferrée et celle que lon ne dit plus guère
"rapide" achèvent de lui enlever sa tranquillité !
Chacun
a déjà compris que les "réserves foncières"
font se jouer ici lavenir de Nice : à lOuest, près
de laéroport et des tours de bureau de lArénas. Nous
sommes rassurés de voir que le quartier a su accueillir des lieux denseignement,
mais aussi de culture, comme des musées ou le Parc Phnix. Pourtant,
on peut aujourdhui souhaiter que, dans cette ambiance californienne, on
ne prendra pas seulement le pire de ce qui fait le mode de vie américain,
avec une ville impersonnelle étouffant sous les automobiles, mais que
ce quartier saura rester niçois, gardera quelques jardins, de petites
maisons, son port, en un mot son âme
Comme aurait pu le dire Eynaudi : "Laissez moi le rêve" !
J-M Bessi
![]() |
4. Nice-Ouest, lirruption de la modernité, Robert BISTOLFI
8. Carras dun temp, interview dAdoufe VIANI
10. Kiki Cavallo ou les rougets de Carras, Raoul NATHIEZ
12. La rue était à nous, Anita LAZZARI-THOMSEN
13. Carras, lou miéu quartié, Peire TURBIN
14. Le musée des arts asiatiques, Gé ALBARELLI
15. Une incursion barbaresque à Carras, Robert BISTOLFI
16. Lou miéu quartié, Jouan PIZZO
16. Escasi lo jardin dEden, Escoulan de R. Dufy
17. LEnfance Populaire Nice-Ouest, Anita LAZZARI-THOMSEN
18. Charles MARTIN-SAUVAIGO, Anita LAZZARI-THOMSEN
20. La cala ai pignou, Louise SGARAVIZZI-NAVELLO
20. Lou camin dóu lamparou, Roger ROCCA
21. Le pointu nissart, dessin de Jean-François LAUGERI
22. Dai Baumeta fin à Carras, Rémy GASIGLIA
|
|
24. LArénas, Gé ALBARELLI
26. Rêver autour dun nom : Carras, Gérard CHANUT
27. Rêves grecs, Gérard CHANUT, Roger ROCCA
28. Le Parc Phnix, Robert BISTOLFI
30. Châteaux et "folies" de Carras, Jean-Michel BESSI
32. Haliotis, Gé ALBARELLI, Jo GASPARETTI
34. Joseph ANDRE, journaliste et romancier niçois, Maurice MAUVIEL
36. Apollinaire et Nice, Alex BENVENUTO
38. Décentralisation et avenir de la langue doc, Robert BISTOLFI
39. Noumenaia, Miquéu FULCONIS
40. Teatre nissart, de Rémy GASIGLIA : "La Sabatiera", "Recordansa", pièces de Steve BETTI.
41. Pais dOc : "Se canta", "O la miéu paura Niça"
![]() |
42. Belicre, de Christiane BAILET
44. Echos et Courrier, sélectionné par Raoul NATHIEZ
45. Escac e mat, de Jacques NEGRO
46. Lou Sourgentin et vous
48. Aigre-dous, de Raoul NATHIEZ
50. Caminada, de Gé ALBARELLI : "Saint André de Pelasque"
51. Pais gavouòt, dEly ROUBAUDY "Noun senganar"
52. Lenga nissarda, de Raoul NATHIEZ : "Autoun" de Jan Pastour ; Certificat dEtudes Niçoises
53. Expositions par Hélène GALLI : "Bernard RICHARD"; Exposition TORTOROLO à Bonson
54. Mastegada, de Raoul NATHIEZ : "Mà que fau mé ". "Les secrets du régime niçois", dIsabelle ROCCA
55. Le chemin Saint Yriel, de Jacques DALMASSO
56. Villages dici, dAlain FARAUT : Utelle; "La pierre des Juifs", de Danielle BAUDOT-LAKSINE, présenté par Raoul NATHIEZ