DE LAGHET A LA TRINITE – GE ALBARELLI / JO GASPARETTI

Voici une randonnée proche de la ville, sur le territoire de La Trinité. Pour se sentir vraiment seul à deux pas du monde, dans des lieux inconnus ! Une randonnée d’automne, d’hiver et de printemps ; l’été il y fait un peu trop chaud et sec…

    Il est question de rallier Laghet à La Trinité par collines et plateau. Pour s’organiser, deux possibilités : monter au lieu saint avec un autocar Nice — La Turbie, faire la randonnée, reprendre un car à Auchan. Ou alors avoir deux voitures : en laisser une en ville, monter avec l’autre à proximité du sanctuaire. Sans être paresseux, il vaut mieux faire dans le sens Laghet — La Trinité, alors que dans l’autre sens la montée est vraiment raide.

     Alors, rendez — vous sur les parcs de stationnement de Laghet. Nous avons suivi Madame Monique Roux, secrétaire de l’Association du Val de Laghet.

    Immédiatement au pont qui conduit à l’église, guetter des panneaux "Spraes, Souanes, Perdiguié". De ce point démarre une toute petite route. On peut suivre cet itinéraire jusqu’au hameau de Spraes, une route si étroite que vous serez content d’avoir laissé la voiture en bas ! Pour les plus alertes, encore mieux : au premier carrefour à gauche (Chemin des Ecoles, balisage jaune), voici un raccourci, incroyablement étroit mais pittoresque. Après un autre carrefour (au n°8), le raccourci continue, encore plus caractéristique de la campagne niçoise, mais un empilement de petits lacets serrés à faire exploser les moteurs. Au-delà d’où le feu a pris cet été, le Mt Agel se montre. Et d’un peu plus haut, également les Monts Guerre, Bataille, le radôme de La Turbie puis La Revère. Sur la placette de Spraes, pas de place pour les voitures. Mais déjà une belle vue sur la cuvette de Laghet, clocher baroque au beau milieu. Et puis une fontaine, toujours un plaisir pour un randonneur. A deux pas, sur une façade, une Vierge de Laghet, retrouvée voilà quelques années aux ordures, oui, maintenant repeinte et placée sous châsse ; aux pieds elle écrase un aspic. Au mimosa, escalier. Après quelques maisonnettes, voici un cyprès hors du commun, avec un balisage blanc et rouge : le GR 51 qui va de Menton à Aspremont. Sur ce carrefour s’achève le Chemin de la Vigne, appellation du temps ancien, quand ici les gens vivaient en autarcie, de vignes justement, oliviers et blé. Immédiatement on doit aller à gauche, sur le sentier cimenté —au moins à l’amorce-. Eviter l’entrée de propriété en terre, à droite. Pour vérifier, bien voir le balisage rouge et blanc sur un sorbier. La promenade est vraiment belle et se révèle facile, presque toujours à altitude constante, entre les oliviers. Hélas à l’est, la grande carrière du Perdiguier a remplacé les pinèdes… Sur un pin un écriteau affiche un arrêté de police pour rappeler que la circulation est interdite. Puis un autre écriteau : Société de Chasse La Trinité — Eze, dans les secteurs brûlés. Une zone noire heureusement que sur environ 200m, où asparagus et lentisques recommencent déjà à pousser.

    Au panneau "Cultures pour la protection de la faune sauvage", laisser le grand chemin et toujours suivre le balisage rouge — blanc (sur le tronc d’un petit chêne). La piste devient sentier, vieux chemin muletier. Un vieux panneau dit : "Clôture de la perdrix le 11/11/88". Puis voici sur quelques centaines de mètres une toute petite descente, jusqu’à une placette : portail noir, piste, deux tables pour pique — niquer (mais à moitié cassées…). Et puis au long des terrasses, notre chemin qui continue. Tout de suite la vue s’élargit vers Villevieille-Châteauneuf sur sa crête interminable. Puis quel plaisir de découvrir au nord Berrre, la Roccassiera, le Brec d’Utelle et surtout au fond comme un fond de scène le Mercantour blanc de neige. En contrebas se voient les toits du fameux centre de tir de La Larre, où de nombreux hommes ont fait un petit séjour… Maintenant c’est privé. Retour de la civilisation au milieu du désert humain.

    Le chemin devient de plus en plus rectiligne, presque toujours à la même altitude. On découvre la vue sur les carrières de La Grave, puis à l’opposé sur les Monts Chauve de Tourrette et Aspremont.

    Près d’un pylône, au loin, une falaise : c’est celle qui porte le Camp de Lucéram, camp proto - historique. Nous avançons dans une belle végétation d’arbres et presque toute l’année il y a des fleurs variées. A l’arrière, Peille, Peillon et le Mt Baudon apparaissent. Passés sous une ligne électrique, il ne nous faut que deux minutes pour arriver au col, où le ciel se fait immense. Et nous nous retrouvons à proximité de la baraque tagguée et du mur austro — hongrois que nous évoquons dans l’article sur le Plateau Tercier. Des vandales ont fait disparaître une pancarte… Ici en arrière commence le Tercier. Lieu rêvé pour pique — niquer, se payer une sieste immédiate.

    En ce lieu d’où se voient Nice, l’observatoire, le baou de St Jeannet, on retrouve une piste, qui se fera petite route, pour redescendre en deux petites heures à La Trinité, au milieu du sauvage (canisses, pins), puis du cultivé (merveilleux jardins d’oliviers du maire puis de la famille Lessatini) avant de retrouver les maisons. L’une d’elles est célèbre : le Palais Capatti, où naquit Jean — Dominique Blanqui. Et vraiment plus bas, à proximité du magasin d’Asie, une croix plantée sur un vieux chemin romain. Allez !