Numéro 166- avril 2005

Les élections

Découvrir l'histoire électorale niçoise avec ses acteurs, ses enjeux, ses techniques et clientèles et ses résultats... voici ce que le Sourgentin vous propose dans ce numéro 166

>> ... lu Nissart voutavon...

Jà, au mitan dòu XIIe secoulou, lu Nissart voutavon ! Cenque pourrìa menà à pensà que, ben lèu, Nissa fouguet un brès de la demoucracia. Va per la precoucità. Ma per cenqu’es de la libertà per lu citadin de chausì aquelu qu’anavon desfendre lu interès de toui, caurìa li regarjà de pu proch.

Toui lu sistemou eletoural, dau XIIe au XVIIIe secoulou, proveran de dounà lou poudé ai pu ric, ai mai poutent, que, cau lou dire, eron esquasi lu soulet à avé d’istrucioun. En mai d’acò, aqueu poudé era countroulat dai Souvran, tant dai Comte de Prouvença que, pu tardi, dai Comte o duc de Savoia. En lou 1775 li avia pu qu’una aparença de demoucracia e d’autounoumia...

Embé lou periodou frances, dau 1792 au 1814, si poudia esperà un vent de libertà. Lou sufrage universal, de fach, nen fouguet acourdat (per lu ome), ma lèu suprimat mé lou Diretori, redounat ma trucat mé lou Counsulat e lou Proumié Emperi.

Apres lou temp dòu Statuto que faguet mai de bousin que d’efet, un sufrage chensiari es counsentit, lu sindic essent pura noumat à Turin.

Apres lou 1860, mé lou Segount Emperi e touti li Repùblica, Nissa noun pousguet que segre li lei francesi, beneficiant dòu sufrage universal que li frema aspereron fin au 1945.

L’estraourdinara proupourcioun d’avoucat, tant per lu Mèra que per lu Deputat, moustra que, per l’elouquença, lu Nissart an un amour que dihon, couma per s’escusà, tenì dai Grec. Lu « A ben parlat ! » fougueron souventi fes dechisieu per mandà ai respounsablità lu representant d’una mema classa souciala.

Cau ajougne, denant de n’en finì m’aqueu survol soubre d’alentour nòu secoulou d’elecioun, que si dèu de rendre justicia en toui aquelu qu’an fach ate de candidatura, couma en toui aquelu qu’an pilhat lou camin dei burèu de votou. Li urna noun soun estadi mai farcidi qu’en toui lu autre luèc d’en França. Meme se lou pitouresc dei nouostre pourtamen venguet souventi fes dounà una impressioun de manquança de serious, li lei fougueron, en general e fin finala, respetadi. E meme se s’atrova mantu Nissart putò lùou e denembrassié per de casserola estirassadi, deven estre en la nourmalità naciounala. 

Raoul NATHIEZ  directeur de la rédaction.

 

Déjà, au milieu du XIIe siècle, les Niçois votaient ! Ce qui pourrait conduire à penser que, très vite, Nice fut un berceau de la démocratie. La précocité est indéniable. Mais affirmer que les citoyens eurent la liberté de choisir ceux qui étaient appelés à défendre les intérêts de tous, semble bien imprudent. Tous les systèmes électoraux, du XIIe au XVIIIe siècles, viseront à donner le pouvoir aux plus riches, aux plus puissants qui, il faut l’avouer, étaient presque les seuls à avoir quelque instruction. De plus, ce pouvoir était contrôlé par les Souverains, aussi bien les Comtes de Provence que, plus tard, les Comtes ou Ducs de Savoie. En 1775 n’existait plus qu’une apparence de démocratie et d’autonomie...

Avec la période française, allant de 1792 à 1814, on pouvait espérer un vent de liberté. Le suffrage universel, en effet, nous fut accordé (pour les hommes), mais il fut vite supprimé par le Directoire, rétabli mais truqué par le Consulat et le Premier Empire.

Après les temps du Statuto, qui fit plus de bruit qu’il n’eut d’effet, un suffrage censitaire est consenti, les syndics étant cependant nommés par Turin.

Après 1860, avec le Second Empire et toutes les Républiques, Nice ne put que se conformer aux lois françaises, bénéficiant du suffrage universel, que les femmes attendirent jusqu’en 1945.

L’extraordinaire proportion d’avocats parmi les maires et les députés, montre que, pour l’éloquence, les Niçois ont un amour qu’ils disent, comme pour s’excuser, tenir des Grecs.  Les «Il a bien parlé» furent souvent décisifs pour envoyer au parlement ou à la mairie les représentants d’une même classe sociale.

Il faut ajouter, pour en terminer avec ce survol au-dessus d’environ neuf siècles d’élections, que l’on doit rendre justice à tous ceux qui ont fait acte de candidature, comme à tous ceux qui ont pris le chemin des bureaux de vote. Les urnes n’ont pas été davantage «farcies» que partout ailleurs en France. Même si le pittoresque de nos comportements put souvent donner une impression de manque de sérieux, les lois furent, en général et en définitive, respectées. Et même s’il se trouve pas mal de Niçois plutôt myopes, et oublieux «de casseroles traînées», nous devons être dans la norme nationale.

 

Au sommaire de ce numéro :

1. …lu Nissart voutavon…, Raoul NATHIEZ

Le Dossier

4. Les institutions municipales avant 1792, Jean-Michel BESSI

6.Les élections de la période révolutionnaire, Jasmin BILESECHE

8. L’apprentissage démocratique, Alexandre BOZA

10. Les élections de 1860 à 1871, Raoul NATHIEZ

12. Voutacioun en nissart, Rémy GASIGLIA

13. Surnoms des maires niçois, Gérard CHANUT

14. Borriglione contre Raiberti en 1890, Jean-Michel BESSI

 

18. Petite histoire de la technologie électorale, Isabelle ROCCA

19. Garibaldi

20. Observatoires et fontaines électorales, Jean-Michel BESSI

21. Un eletour judicious, Roger LACAN

22. Voutacioun au vilage, Gé ALBARELLI

23. Maires de 1860 à nos jours, Raoul NATHIEZ

24. Le « Caméléon », Jacques DALMASSO

25. Consou, mèra et dérivés, Gérard CHANUT

25. Lou baleti dai elecioun, Miquéu FULCONIS

26. Les femmes et les élections, Raoul NATHIEZ

27. Histoire d’urnes, François BAUDOIN

28. Le Palais communal de Nice,  Jean-François LAUGERI

30. Chacun son parti, Isabelle ROCCA

 

 

 

Le Magazine

34. Carnaval 2005, Gé ALBARELLI

36. 90e anniversaire des combats de Flirey, Henri BERAUD

37. Li tiéu vielhi taulissa, Roger GASIGLIA

38. 60e anniversaire de la bataille de l’Authion, Pierre-Emmanuel KLINGBEIL

40. Un envuèia de brous, Jacques DALMASSO

41. Le Musée Grain de sel, Miquéu FULCONIS    

42. Belicre, d’Hélène GALLI et Gé ALBARELLI

43. Escac e… mat, de Jacques NEGRO

43. Nos libraires

44. Echos et Courrier, sélectionné par Raoul NATHIEZ

45. Expositions par Hélène GALLI : « Maurice Rousseau, graveur », « Jean-François Quaglia » 

46. Lou Sourgentin et vous

48. Aigre-dous, de Raoul NATHIEZ 

50. Caminada, de Gé ALBARELLI  : « Una vista de luèn sus Nissa despì Cantaroun »

51. Rencontre, de Jean-Louis MEYTRAL : « le criquet Popeye (suite) »

52. Pais gavouòt, d’Antonin STEVE : « Sourtir de bousc de la fourè (2) »

53. Li noumenaia dai nouòstre pais, de Miquéu FULCONIS

53. Pajo de Prouvenço, de Robert ARPIN : « Fabulouso Camargo »

54. Villages d’ici, de Robert BISTOLFI : « Roure »

55. Lenga nissard de Marcéu PERONA : « Batre-couòr per Alan Pelhon »

56. Mastegada, par Robert BISTOLFI et Raoul NATHIEZ  : « La poutina es revenguda »

           

Et toujours disponibles chez votre libraire : les numéros 165, 164…