Numéro 172– juin 2006

Les plages

Découvrir l'histoire des plages de la Baie des Anges et de leurs activités nautiques, leurs originalités et leurs nouveaux visages ainsi que tous les éléments de transformation de ce capital touristique essentiel pour les Niçois... voici ce que le Sourgentin vous propose, au moment où la saison d'été commence, dans ce numéro 172

 

>> Plàia d’ancuelh e d’ier

Sian ahura au coumençamen de la sesoun d'estieu. Li plaia de Nissa... Cenque li si vé ? Despende de la manièra qu'anas vi metre lu belicre. Se apountelas ben li branca sus li vouostri aurilha e qu'ouservas au travès dei veire tinch, doui fila sensa coupura, una imoubila, l'autra qu'avança plan plan, si dessinon. La proumiera, soubre la grava, de touti li coulour doun doumina aquela dei carn que van dau coulour dóu pet au cremesin, es fourmada de cors uman coustrech de s'esquissà un contra l'autre. Laissas la grava e arribas à l'aiga : noun arriba plus à beluguejà souta lou soulèu, qu'es touta cuberta de testa umani que floutejon, de bouà en fouma d'animau e de fa-disant batèu que demandon qu'à si proufoundà.

La segounda fila sus lou quitran negre que si vé plus mancou, es una tiragna bessouna de vouotura cercant un luèc rarissime per si parquejà, o qu'ousservon, despacienti, un paisage que defila tròu plan.

Alassat d'aqueu espetacle, levas-vi lu belicre, metès-li à l'envès, apountelas ben fouort lu veire sus lu vouostre uès que dau còu si fermon. Aloura, li doui branca, antena banarudi e magiqui, vi van fa veire en lou passat.

Li fila de vouotura soun despareissudi. La foga, vestida de malhò enfouloupant, es pu clara, laissant entre lu group d'espaci doun couron enfant e can. Li plaia de la Toure Rouja e de la Paiola si soun alargadi. La deneda d'aquelu que soun pas tròu segur es soustenguda da de grossi chambra à aria de pneu. D'enfant malicious e un chicou embrouioun soun escassat dau radèu privat per lu crit de la prouprietara e per la venguda, à la deneda, d'un emplegat arabou que s'estrassina en va-e-ven. E quoura lou sera cala, lu pan bagnat e li pissaladiera gisclon dai cavagnòu, soun engoulat assetat, soun engoulat drech.

Soulajat per quauqui làgrima de noustalgia lu vouostre uès, un pau tròu coumprimat, v'invidon pura à vi levà lu belicre. Aloura, sus lou còu, rentras au vouostre. Bessai,està nuèch, vi pantaierès de la balena de Carras. Ma noun siguès desesperat. V'en tournerès en setembre.  

Raoul NATHIEZ, Directeur de la Rédaction  

Plages d’aujourd’hui et d’hier  

Nous voici au début de la saison d'été... Les plages de Nice... qu'y voit-on ? Tout dépend de la manière dont vous allez chausser vos lunettes. Si vous placez confortablement les branches sur vos oreilles et que vous observez au travers de vos verres teintés, deux files ininterrompues, l'une fixe, l'autre mobile et lente, se dessinent. La première, à même les galets, multicolore où domine la couleur chair allant du pâle au cramoisi, est formée de corps contraints de se serrer les uns contre les autres. Dépassez les galets, atteignez l'eau : elle ne parvient pas à scintiller sous le soleil, car couverte de têtes humaines qui flottent, de bouées à formes animales et de pseudo-bateaux menaçant de couler.

La deuxième file, sur la chaussée noire à peine distinguable, est une double théorie de voitures chercheuses d'une improbable place où se garer, ou observatrices impatientes d'un paysage qui défile trop lentement.

Las de ce spectacle, ôtez vos lunettes, retournez-les, appuyez fortement les verres sur vos yeux qui, sous la pression, se ferment. Alors, les deux branches, antennes cornues et magiques, vont vous permettre de regarder dans le passé.

Les files de voitures ont disparu. La foule, vêtue de maillots enveloppants, est moins dense, laissant entre les groupes des espaces où courent les enfants et les chiens. Les plages de la Tour Rouge et de la Paiole se sont élargies. La natation des moins expérimentés est soutenue par de grosses chambres à air de pneus. Des enfants espiègles et un peu tricheurs sont chassés du radeau privé par les cris de la propriétaire et l'arrivée, à la nage, d'un employé arabe qui s'épuise en allers et retours. Et quand le soir tombe, les pans bagnats et les pissaladières jaillissent des paniers, sont dévorés assis, sont dévorés debout.

Soulagés par quelques larmes de nostalgie, vos yeux un peu trop comprimés vous invitent cependant à ôter les lunettes. Alors, aussitôt, rentrez chez vous. Peut-être, cette nuit, rêverez-vous de la baleine de Carras (1). Mais ne désespérez pas. Vous reviendrez en septembre. (2)

(1) lire l'article de Jacques Dalmasso.
(2) allusion à la chanson de Gilbert Becaud.

 

Au sommaire du numéro 172

1. Plàia d’ancuelh e d’ier, Raoul NATHIEZ

4. Les plages de Nice, Jacques DALMASSO

6. Des bains médicaux aux plaisirs de la plage, Jean-Michel BESSI

8. Bains de mer sur ordonnance, Jo GASPARETTI, Jean-Michel BESSI

10. Un siècle de mode balnéaire, Dominique VEUX-ROCCA

12. Anà au roui, Quint VENTA

13. Lou bagne de Calèna, Gé ALBARELLI

14. Maître nageur-sauveteur, Laurent ICARDO

15. «Beau Rivage», Robert CIARLET

16. Aqueli plaia que pouòdi pas sentì, Raoul NATHIEZ

18. Des plages à l’est du Port, Gé ALBARELLI, Jo GASPARETTI

21. Abris pour baigneurs en 1942, Jean FIGHIERA

22. La baleine de Carras, Jacques DALMASSO

23. Ces inconnus sur la plage, d’après J.-M. LE CLEZIO

24. Souvenirs, François BAUDOIN

25. L’homme heureux, LS -Jeux de plage, Robert NICOLINI

26. Des plages qui vivent, Jean-Pierre PUPIN

28. Une plage que l’on n’a pas vue, J. CAUSSE et F. RIGAULT

29. Si bagnà à Béuluec, Hommage à André CANE

30. Créons une station, Roger ROCCA - Les conseils de Raymonde

32. De la thérapeutique au farniente, Alexandra GORINI

34. L’amiral Louis Antoine Cyprien Infernet Robert BISTOLFI

36. Marius Fantino, le courage d’un résistant oublié Michel GOURY  

40. Le magazine du Sourgentin  

40. Lou Sourgentin et vous

42. Belicre, de Raoul NATHIEZ ; Lu mots crostas, da Reinat TOSCANO

43. Pajo de Provença, de Monique BALDELLI : « Louis Funel, lei Baus »

44. Pais gavouòt, d’Antonin STEVE : « Les câbles (suite et fin) »

45. Batre-couòr, de Raoul NATHIEZ : « Su la grava ». l 46. Locutions niçoises, de Roger GASIGLIA : « Mourre de tola ! ».

48. Aigre-dous, de Raoul NATHIEZ

50. Caminada, de Gé ALBARELLI : « De la Moutièra à Couloumbart »

51. Rencontre par Jean-Louis MEYTRAL : « La fritillaire de Caussols »

52. Villages d’ici, de Robert BISTOLFI : « Saint-Dalmas-Le-Selvage »

54. Mastegada, par Raoul NATHIEZ : « Manger le soir sur la plage »

55. Expositions, par Yolande BERTELLETTI : « Eliane Mari »

56. Echos et Courrier, sélectionné par Raoul NATHIEZ

 


(Plage des Ponchettes)


(Bains de la Tour Rouge)

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