Numéro 174– décembre 2006

Le Casino Municipal

Découvrir l'histoire de ce batiment hors norme, à l'architecture contestée dès l'origine, à la gestion tumultueuse, aux fêtes mondaines et artistiques, au rôle musical et économique, aux mille acteurs et petites mains quotidiennes qui ont fait sa réputation et se grandes heures en plein centre-ville jusqu' à son chant du cygne et sa démolition en 1979... voici ce que le Sourgentin vous propose dans ce numéro 174

 

>> Rabia, lament e…soulagiamen

N’es souventi fes ensinda,- per noun dire toujou,- ai proujet de gran bastimen nouvèu, la poupulacioun li a fach lou contra. N’es pas especialamen lou fach dei Nissart. La « Tour Eiffel », naissuda en lou 1889, couma lou Casino Municipal, naissut en lou 1 884 an surbit critica, escarnimen, peticioun, manifestacioun. Un argumen mage s’es retrouvat contra lu doui : « arquitetura auguent ren da veire mé la vesinença ».

Aquì s’aresta lou parangoun, lu doui destin s’asseparant au moumen de la mouort dòu Casino Municipal en lou 1979, aloura que la Tour Eiffel es toujou vieuva e triounfanta.

E lu lament an coumençat en la bouona vila de Nissa, una fouorta dosa de noustalgia faguent plourà lou pople ai souvenì doun Mistinguett, li Redouta, l’Othello de Verdi, la rouleta e lou Café Monnot si mesclavon en un champoustre lagrimous.

Noun siguen tròu severou per lu Nissart. Qu’aurion dich e fach lu Parisian se la Tour Eiffel siguesse estada destrucha ? Si pòu afourtì que serion restat desesperat.

Urouhamen per lu Nissart, li làgrima fougueron lèu secadi e lu lament carmat per una interougacioun que dounet à pensà : « Que metre à la plaça dòu « paure » Casino Municipal ? », tant es ver que lu uès virat vers l’avenì amendrisson lu chacrin dòu present. La respouosta fouguet « REN ! » e couma era à la soudisfacioun d’esquasi toui, lou Casino Municipal entret ben lèu en la denembrença… Sian pas luèn de pensà que la poupulacioun fouguet, e es, ben ingrata… Va ben qu’embarassava la vista, escoundent un paisage superbi ; va ben qu’era malaut, ariscant de si prefoundà en Palhoun… D’aquì à estre soulagiat da la sieu mouort li es un pas que Lou Sourgentin noun farà. Qu’aqueu numerò sigue un òumage esmougut en aqueu brave vielh mouort de nouranta cinq an, testimoni mut de tant de festa e de tant d’evenimen, au couor de la vila de Nissa.  

Raoul NATHIEZ, Directeur de la Rédaction 

Il en est souvent ainsi,- pour ne pas dire toujours,- la population s’oppose aux grands projets de constructions nouvelles. Ce n’est pas spécialement le fait des Niçois. La Tour Eiffel, née en 1889, comme le Casino Municipal né en 1884, ont subi critiques, sarcasmes, pétitions, manifestations. Un argument majeur s’est même retrouvé contre les deux constructions : « architecture en discordance avec l’environnement immédiat. »

Là s’arrête la comparaison, les deux destins se séparant à la mort du Casino Municipal en 1979, alors que la Tour Eiffel est toujours vivante et triomphante.

Et les lamentations ont commencé dans la bonne ville de Nice, une forte dose de nostalgie faisant pleurer le peuple aux souvenirs de Mistinguett, des Redoutes, de l’Othello de Verdi, de la roulette et du Café Monnot mêlés dans un pêle-mêle larmoyant.

Ne soyons pas trop sévère pour les Niçois. Qu’auraient dit et fait les Parisiens si la Tour Eiffel avait été détruite ? On peut affirmer qu’ils seraient demeurés inconsolables.

Heureusement pour les Niçois, les larmes furent vite séchées et les regrets éteints par une question préoccupante : « Que mettre à la place de feu le Casino Municipal ? », tant il est vrai que les yeux tournés vers l’avenir atténuent les chagrins du présent. La réponse fut « RIEN » à la satisfaction de la grande majorité. Aussi le Casino Municipal entra-t-il bien vite dans l’oubli… Nous ne sommes pas éloignés de penser que la population fut et demeure bien ingrate… Bien sûr, il empêchait le regard de découvrir une magnifique perspective ; de plus il était bien malade menaçant de s’effondrer dans le Paillon… Mais être soulagé par sa mort est une attitude que Lou Sourgentin n’adoptera pas. Que ce numéro rende un hommage ému à ce bon vieux mort de quatre-vingt-quinze ans, témoin muet de tant de fêtes, de tant d’événements au cœur de la ville de Nice.

 

Au sommaire du numéro 174

 1. Colère, regrets et soulagement, Raoul NATHIEZ

 4. Sous le Casino, le gué, Jacques DALMASSO

 5. Ancêtres pour un Casino, Roger ROCCA

 6. « L’horreur sur le Paillon », Jean-Michel BESSI

 7. Quarante ans avant le Casino, Jean-Michel BESSI

 8. Note d’esthétique, Luc F. THEVENON

 10. Un rôle artistique et musical, Roger ISNARD

 12. Petits échos des grandes « Premières », Jean-Michel BESSI

 13. Des Présidents aux banquets du Casino, Jean-Michel BESSI

 14. Quand la musique dort, Gé ALBARELLI

 15. L’Opéra au Casino, Antoinette NATIVEL-GALLI

 16. La café Monnot, Jo GASPARETTI

 16. La brigade du café du Casino, Jacques DALMASSO

 17. Calèna au Casinò, Roger ROCCA

 18. Souvenirs d’un projectionniste, Gaston PONS

 19. Le roi des croupiers devenu moine, Jacques DALMASSO

 20. Jazz à la Fenièra, Roger ROCCA

 22. Une place, deux manifestations, Raoul NATHIEZ

 24. La Gare des Autobus, lou car dóu 45, Jacques DALMASSO

 26. Moussù Daniel, Raoul NATHIEZ

 28. Jeux d’argent, Gérard CHANUT

 29. L’exposition de cartes postales de 1899, Jo GASPARETTI

 30. Sepulcre d’un mounde finit, Gé ALBARELLI

 31. J’ai travaillé à la démolition du Casino, Jean PALDACCI  

 33. Lou bambin rescaufat, Félicité BARNOIN-SALOMON

 33. Conte de la chouette, Hélène GALLI

 34. Camp de migration des oiseaux de La Revère, Gé ALBARELLI

 36. La vigna de la couòla, Jacques DALMASSO

 38. San Rouman de Bellet, Laurent TERESE

 39. Bains de Noël, Gé ALBARELLI  

40. Lou Sourgentin et vous

42. Belicre, de Christiane BAILET, Raoul NATHIEZ et Michèle ROSSO

44. Mastegada, par Raoul NATHIEZ : « Farcement, farci et farçon » ;

« Lou girou de la tarta », de Liliane DOTTA-MIGLIORE

45.  Lu mots crosats, da Reinat TOSCANO

Batre-couòr, de Raoul NATHIEZ : « Carretoun »

46. Locutions niçoises, de Roger GASIGLIA : « Pehoui revengut »

48. Aigre-dous, de Raoul NATHIEZ

50. Caminada, de Gé ALBARELLI : « La pouncha de Sant’Ospici »

51. Rencontre par Jean-Louis MEYTRAL : « L’écureuil roux »

52. Villages d’ici, de Robert BISTOLFI : « Roubion »

54. Expositions, par Hélène GALLI : « Véronique Chomienne »

55. Pais gavouòt, d’Albert BAILET : « Li bouscant de la Vesubìa »

56. Echos et Courrier, sélectionné par R. NATHIEZ.

Bonus ! Exclusivité web du numéro 174 : à lire en ligne, l'article "Le nouveau fleuron de la capitale d'hiver", par Alexandra GORINI

 

Et toujours disponibles chez votre libraire : les numéros 173, 172, 171…