Numéro 177– juillet 2007 "Bonus"

Caminada : Quatre monts... enfin trois

Voici la traduction de la "caminada" que le Sourgentin vous propose dans le numéro 177... Par Gé Albarelli

 

Pour une fois la randonnée se déroulera dans le secteur évoqué ce mois - ci. Ce qui signifie que nous allons faire une promenade sur les « Quatre - Monts » : Gros, Vinaigrier, Alban et Boron… Enfin que trois, vu que le mont Gros est en grande partie privé, propriété de l’Université de Nice, autour du fameux observatoire de la ville.

Alors comme nous ne sommes pas au diable vauvert, nous allons pour une fois être écologiques, laisser la voiture au garage : à proximité de la ville les cars sont nombreux, il faut en profiter. Et comme cette randonnée est proposée en été, peut-être par une chaleur implacable, nous nous permettrons d’être paresseux : départ d’en - haut, descente des collines à la mer. Si le soleil assomme trop, échappatoires…pour reprendre un autre jour. Un conseil : toujours emporter une gourde bien pleine même si on pourra s’approvisionner en route. Nous regrettons les buvettes du temps passé…

Allons ! Le car 84 qui part de la gare de Riquier, qui passe également au pied de la Grande Corniche, est pour nous, pour monter facilement plus de 300 mètres ! Arrêt « Observatoire », c’est parti pour les kilomètres. Il est possible de visiter le mont Gros, une autre promenade, entre merveilles de la nature et de l’architecture, mais en circuit accompagné (mercredi et samedi l’après-midi à 15h, rendez-vous au portail, 5€ par personne).

Nous, nous allons passer juste à côté, « avenue » Bres, petite montée tranquille de même pas 100 mètres, jusqu’à l’entrée du parc départemental du Vinaigrier, après quelques villas. Immédiatement au tournant, déjà une vue sur Nice à couper le souffle, presque comme en avion.

Nous avons déjà deux possibilités : ou redescendre par le chemin municipal du Cal ou musarder tranquillement à partir de la maison du parc, en nous laissant redescendre en large lacets de chemin sur d’anciens terrains cultivés, maintenant magnifiquement restaurés par le Conseil Général. Cerisiers, amandiers, fleurs sauvages de toutes espèces, restanques sous des falaises, oliviers, cyprès. Que ce soit par le Cal ou par le sentier, nous arrivons par un chemin horizontal, limite du parc, le « Chemin des Rigoles », où voilà vingt ans nous avons encore vu un berger payé par la Compagnie des Eaux pour faire débarrasser les herbes folles par ses brebis. Maintenant les rigoles ont été couvertes, au - dessus demeure une belle piste, horizontale, large, un boulevard dans la nature, carrément à la verticale de Saint - Roch ! Aucune fatigue, sous l’ombre de la forêt, un peu plus loin au soleil, en vue du mont Alban, un fort isolé sur sa crête, vision unique. Une première fontaine permet de se rafraîchir, dans l’odeur d’un figuier.

Un escalier étroit descend contre l’usine de l’eau de Villefranche. Nous arrivons quelques mètres plus bas à la fin d’un couloir de goudron : attention aux camions, chantier de construction ; hélas des arbres ont été mis à mal… Le couloir se fait route de campagne entre des petites maisons fleuries, il arrive sur la route du Vinaigrier : 200 mètres de passage en ville, jusqu’au col de Villefranche sur la Moyenne - Corniche ; alors en redescendant, à nouveau prudence ! Mais ici, l’avantage d’avoir des commerces en tous genres. Autre souvenir, les pan bagnat de Morlino.

La corniche traversée (aux feux, bien sûr), direction « Notre - Dame de France », une église encore jeune, aux vitraux modernes bien colorés. Pente incroyable, escalier qui chemine à côté de la chaussée : au moins vous avez le choix. Puis un chemin plus horizontal pour reprendre le souffle, entre haies et murs d’enceinte de villas. Et arrivée dans la forêt de pins, qui sent incroyablement bon. Nous nous dirigeons vers l’escalier du fort, mais à droite, pour ceux qui en ont déjà assez, possibilité de descendre la route et au car par le beau sentier du mont Alban.

Sans des tonnes d’effort, voici enfin le fort, extraordinaire belvédère d’un côté sur Nice et Provence, de l’autre sur Villefranche, Cap Ferrat, Tête de Chien, jusqu’à l’Italie. Une sculpture moderne – dans laquelle certains voient un entassement de cercueils ! – se plante au milieu de la pelouse sèche depuis longtemps. De ce point, le fort est vraiment beau, il mériterait d’être visitable.

La route redescend tranquillement jusqu’à la pinède, pour retrouver fontaine, tables de pique-nique, terrain de jeux de boules, parcours de santé. Un peu plus bas, après le parking, carrefour : à gauche le chemin des escaliers de verre (parce que ça glisse) permet de redescendre à l’entrée de Villefranche sur la Basse - Corniche ou ex R.N. 98 – des cars toute la journée -, en face la route du plateau du mont Boron, à droite un retour possible sur Nice ( possibilité d’y aller à 100 mètres profiter de la vue extraordinaire sur le port, belvédère avec des bancs) avec le car 14 qui redescend directement en ville.

Sur la route du mont Boron, ainsi, nous allons entre les pins de cette beauté de parc municipal jusqu’à la place. Dans un tournant, on peut remarquer un sentier, comme un raccourci : c’est aussi bien.

Sur la place, encore une fontaine ! Un escalier permet de redescendre directement au port « Chemin Tordu », le car 14 une fois de plus passe par là. Mais nous avons du courage, pas vrai ? Alors nous avons deux possibilités. Juste sous la fontaine et le bassin à moitié enterré, voici une petite piste de goudron rouge, un sentier botanique avec des panneaux pour expliquer des plantes. Ou alors, continuer à gauche la route, qui fait le tour de la colline avec la possibilité de monter sur le sentier qui court juste à côté. Promenade dans un paradis de pins et caroubiers. Au début, autre possibilité : faire le tour de la batterie pour encore une vue aérienne, sur le rivage niçois. Ces deux itinéraires se rejoignent au même point, face au Cap Ferrat, autre vue de carte postale.

Il ne reste plus qu’à redescendre par la route, pour retrouver après une végétation d’Afrique (agaves, figuiers de Barbarie), à l’entrée de la ville les fastueux palais de la Belle - Epoque. Boulevard du mont Boron, à droite, tentation d’aller à la terrasse publique donnant sur le port, encore un émerveillement.

Sur le boulevard, revenir côté mer en redescendant à l’arrière des palais. Au dernier immeuble, en face de notre dépositaire « Champion », voir la plaque qui évoque Stravinsky, un souvenir des années 24 à 31 du siècle passé. Le Château de l’Anglais est à deux pas.

Encore un effort ! Nous traversons la corniche, nous pouvons faire une pause dans les commerces et nous trouvons à droite une ruelle qui va droit sur une façade digne du Mexique ! Nous sommes sur l’ « Avenue » du Cap de Nice, en vérité une descente étroite qui va se réduire en un escalier encore plus étroit. A partir de ce point, attention aux genoux : succession d’escaliers ! 86 marches, puis après trois fois rien de goudron, 168, peut-être le vertige en prime ! Un plongeon en direction de la mer, juste là - dessous.

Nous avons changé de monde : dorénavant nous allons achever par une promenade maritime, dans les rochers blancs du Cap de Nice, en direction de l’ouest, jusqu’à l’entrée de Nice, face au port et … à l’arrêt du car 30 qui d’ici, entre jardin Rainaud et jardin Banville, entre pins et palmiers, renvoie jusqu’à la gare ferroviaire de Nice - Ville.

Nous avons commencé en altitude, nous finissons sur la mer, nous avons commencé face aux Alpes, nous arrivons presque en Afrique ! Trois ou quatre monts comme pour visiter le monde…

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