Leçon 2 : Mais comment faut-il accentuer les mots nissart ? (2)

3 - Accent écrit et désinences verbales :

a) Désinences en -es : il y a une ambiguïté possible entre la 2ème personne du singulier et la 2ème personne du pluriel pour les verbes en -e, -é, -re et les verbes en -ì. Si j’écris venes, cela veut-il dire tu viens ou vous venez ?

Pour dissiper l’ambiguïté, on écrit vènes pour la 2ème personne du singulier et venès pour la 2ème personne du pluriel (cette dernière forme étant conforme à la règle de l’accent tonique). Par analogie, on accentuera de même càntes (tu chantes) qui pourtant ne peut être confondu avec cantas (vous chantez). Mais l’accent sur la 2ème personne du singulier est souvent omis.

De même au parfait (passé simple), on écrira avec un accent la 2ème personne du singulier (cantères, vendères) et on fera de même au conditionnel (canterìes).

Remarque : les formes verbales en -ès du présent de l’indicatif et du subjontif (venès, que cantès) ont eu pour effet d’imposer un accent écrit pour les mots terminés par la syllabe -es tonique. Ex : lou proucès. Et dans ce cas l’accent grave renseigne sur la prononciation avec un E ouvert.

On emploie l’accent aigu si le son est celui du E fermé (espés, quauquifés).

b) Désinences en -on : on accentue la syllabe tonique de la 3ème personne du pluriel du parfait (cantèron), ce qui souligne la place de l’accent tonique et la différencie du futur correspondant (canteran). On note également un I accentué pour la 3ème personne du pluriel de l’indicatif imparfait (à l’exception des verbes en -à). Ex : venìon, vendìon et du conditionnel (canterìon).

Remarques : l’accent porté dans cantères et cantèron au parfait fait écrire par analogie cantèri.

L’accent sur le i en hiatus pour venìes et venìon à l’imparfait fait écrire par analogie venìi et venìa. Précisons pour la 1ère personne que l’on n’écrit jamais la désinence avec un H, ce signe ne pouvant être employé que pour un radical.

4 - Accent écrit et désinences en -IA :

Si la désinence en -ia est atone (patria, misèria), le mot s’écrit sans accent (on est alors en présence d’une diphtongue).

Si le I est accentué, il constitue avec le A un hiatus. On note alors un accent sur le I. Ex : l’espìa, la foulìa. C’est, on l’a vu, le cas en particulier pour deux cas de désinences verbales : 3ème personne du singulier de l’imparfait et du conditionnel. Ex : vendìa, canterìa.

5 - Accent écrit et groupe -AI :

Nous pouvons être en présence de la diphtongue descendante AI (accent tonique sur le A). Ex : faire, un fai, sartaia. Dans ce cas on n’emploie pas d’accent écrit.

Mais on peut aussi être en présence d’un hiatus (prononciation dissociée des 2 consonnes). On note alors un accent grave sur le I tonique. Ex : paìs, raìs. (Dans ce cas, le français a recours au tréma .Ex : naïf).

Dans certains cas, l’hiatus est marqué par un H. Ex : la jahina (la bergerie) à distinguer de la jàina (la poutre) : notons pour ce dernier mot l’emploi exceptionnel d’un accent (2).

Dans la forme d’imparfait fahìa, le double hiatus peut être noté par un H suivi d’un I accent grave, mais la notation faìa est jugée préférable.